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Intervention de Jean Estivill, Président du Groupe de élus du Parti de Gauche au nom de Savigny-Égalité et de la Gauche Républicaine au Conseil Municipal du 19 décembre 2011
ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES ET VOTE
DES IMMIGRÉS AUX ÉLECTIONS LOCALES


Cela fait plus de 20 ans que j’attends un débat budgétaire au centre duquel il y aurait une annonce de mesures pour enfin moderniser notre ville.

Aujourd’hui ce que propose Madame le maire ne viendra pas rompre l’orientation politique de sa majorité, je dis bien majorité, dans sa totalité, car les guerres intestines de la droite, le psychodrame continuel dans lequel certains se complaisent et qu’ils entretiennent auxquels ont droit depuis plusieurs mois les saviniens, ne sauraient exonérer ceux qui se prétendent «dissidents» de leurs responsabilités.

Je ne veux pas jouer les «pères la morale» et les donneurs de leçons de démocratie en leur disant qu’ils donnent une image désastreuse de la vie politique locale comme d’autres le font au plan national. On sait ce que cela donne : ou bien on détourne les citoyens des urnes, comme ce fut le cas à Corbeil-Essonnes dernièrement, mais après tout c’est peut-être ce qu’ils cherchent, gagner par défaut, par clientélisme, ou bien on rejette une partie de nos concitoyens dans les bras de démagogues de l’extrême droite.

Le Front de Gauche ne se laissera nullement impressionné par cette agitation dérisoire, véritable rideau de fumée puisque les différends à droite ne représentent aucune ligne politique programmatique différente, de celle de Madame le maire, Laurence Spicher Bernier depuis son élection, et maintenue par la Droite depuis 25 ans.

Cette majorité après avoir voté à l’unanimité sa confiance à Madame le Maire contre les attaques de M. Mérigot, s’est empressée de s’abstenir avec ce dernier, courageusement, lors de l’importante augmentation des impôts en avril 2010, confortant par la même l’idée que se font dès le début de cette querelle de nombreux saviniens, il s’agit d’une querelle du type de celui qui veut être «calife à la place du calife». Cette politique, c’est celle que mène la Droite depuis 25 ans à Savigny et qui m’a souvent conduit à dire à Jean Marsaudon, «vous avez une politique frileuse» et j’ajoutais souvent «ne rien faire finit par coûter cher». Nous le voyons aujourd’hui, la hausse des impôts ne tombe pas du ciel d’un seul coup avec la désignation d’une des vôtres, sorte de phénomène imprévisible comme la peste au Moyen Âge, elle est bel et bien l’aboutissement de votre politique, «vous la Droite, toute la Droite».

La droite aux élections des grands électeurs, aux sénatoriales, s’est divisée en deux : la belle affaire ! Il y avait ceux qui roulaient pour Dassault, d’autres pour Delahaye, d’autres pour Dugoin et encore d’autres pour celui qui a été battu, sortant, maire de Brunoy. Mais in fine la droite a voté pour la Droite. Au plan local comme au plan national la droite est ensemble pour mener la même politique, c’est donc à l’ensemble de la majorité qu’il convient de s’adresser. La ville de Savigny reste au bord de la route de la modernisation. A une époque où les taux étaient extrêmement bas, on a laissé passer cette opportunité pour donner les équipements dont une ville de 40.000 habitants a besoin. Le recours systématique à l’autofinancement était une erreur, je l’ai souvent dénoncé avec mon collègue socialiste, Joël Maurice.

Les nouveaux Saviniens éberlués qui apprennent qu’à Savigny il n’y a pas de piscine, se doivent de le savoir. Quand je la réclamais en 1992, traité d’ailleurs de «démagogue» par la leader socialiste de l’époque, (E. Roze des Ordons), Monsieur Geoffroy Tomasovitch, grand journaliste au Parisien, titrait pourtant un de ses articles - le titre n’était pas de moi - «on n’a pas le droit d’apprendre à nager à Savigny».

A l’époque déjà votre politique était incongrue et à courte vue Elle témoigne que dans ce domaine il y a une responsabilité collective de toute la Majorité.

Je m’adresse à Eric Mehlhorn en tant que conseiller général, qui m’a fait parvenir son journal de canton à propos du cinéma. Je suis stupéfait de ce que Monsieur Mehlhorn a écrit à ce propos et qui se réduit à : «Cinéma : la rénovation prend du temps, ceci n’est pas dû au Conseil général qui verse les subventions attendues.». C’est tout ! Pas un mot de plus, c’est un peu court ! Cela fait plus de 10 ans que j’explique qu’il n’y a pas de politique culturelle cinématographique, à Savigny, c’est une première chose, la seconde c’est que nous sommes une vache à lait car nous avons versé pendant des années et des années 250.000 francs par an, sans savoir à quoi cela servait. Il y a eu ensuite un contrat, le Conseil général était d’accord : il versait une subvention sur le plan de la construction à condition que la Mairie le fasse sur le plan du fonctionnement. Où en est-on des 30.000 euros par an que la municipalité s’est engagée à verser au gérant, propriétaire du cinéma ? Il n’y a toujours rien. On ouvre le bulletin paroissial «grain d’orge» et l’on trouve deux articles concernant le responsable, le patron de cette entreprise mais on n’apprend rien sur les «difficultés» ( ?) de ce cinéma. Il en est de même avec le Parisien.

C’est toujours une hagiographie de ce Monsieur, qui nous explique qu’il aimait le cinéma quand il était petit, qu’il aimait Truffaut… chacun choisit le contenu de ses articles mais une municipalité doit se demander ce qui est réellement en train de se passer.

J’attends que le conseiller général, entre autre, à savoir Eric Mehlhorn, dise où nous en sommes.

On a voté une exonération de la taxe foncière, c’est très bien d’exonérer de la taxe foncière quand on fait du cinéma mais quand on n’en fait pas ? Si on explique cela aux saviniens, en particulier aux entreprises, ils tomberont des nues.

Je souhaite qu’on fasse une commission d’enquête qui pourrait associer l’opposition et que lors du prochain budget, Madame le Maire nous dise où nous en sommes, et peut-être que Eric Mehlhorn nous dira aussi à quoi sert le financement du Conseil Général, et que l’on chiffre même tout ce que nous avons versé depuis le début et pour quelle fréquentation.

Je veux en venir également à la restauration collective qui nous a coûté très cher. Nous sommes en conflit à l’heure actuelle avec la société à qui vous l’aviez confiée, cela ne pose t-il pas le problème de la délégation du service public au privé ?

On subit à l’heure actuelle une politique exigée par le FMI, la Banque Centrale Européenne et l’UE dans le cadre du Pacte de Stabilité. On peut à notre niveau, lutter contre. Mais certains, excusez-moi l’expression doivent avoir mal à l’entrejambe avec le grand écart qu’ils ne cessent de faire dans ce domaine du service public. Il souffrent de schizophrénie : ils sont pour l’Europe actuelle et ensuite ils s’étonnent que l’on ferme des hôpitaux ou des écoles, que l’on fasse appel au privé pour casser le service public comme l’exige leur Europe, de même qu’ils s’étonnent que l'on change les horaires des trains pour faire place aux trains privés.

Le problème est de savoir comment pouvons-nous lutter au plan local contre cette pression de l’Europe capitalo-financière et du FMI ? La réponse est qu’il faut essayer la régie directe le plus souvent possible.

Lorsque je l’ai proposé pour l’eau, Savigny Egalité a été la seule à l’envisager, pourtant, cela a été fait par les Lacs de l’Essonne et depuis réalisée à Paris, à Rouen, Castres, Saint Malo, Cherbourg, Montbéliard, Annonay, Dignes, La question, à l’époque, méritait d’être posée.

Le Conseil municipal va proposer une délégation pour la petite enfance avec la nouvelle crèche, cela ne mérite-t-il aussi d’être discuté ?

Je demande de proposer les deux possibilités et de laisser le Conseil municipal choisir.

On sait par exemple que les maisons de retraite sont vraiment un produit juteux pour les fonds de pension, il y a donc là un détournement de l’argent public qui nourrit la crise actuelle. Veut-on que ce soit pareil avec la petite enfance ?

Concernant la sécurité, on apprend qu’à Longjumeau on va mettre 25 caméras de plus. N’importe quel responsable syndical policier dirait que si l’on ne met pas une caméra tous les 30 mètres cela ne sert à rien, cela fait rire les délinquants et cela surveille les citoyens. J’ai fait une proposition, pourquoi ne la reprenez-vous pas ? Je vous ai dit «battons-nous ensemble pour qu’il y ait un poste de Police Nationale le soir à la gare». Cela serait d’une efficacité toute autre et nous ne serions pas surveillés. Personnellement, je n’ai pas envie de me promener dans Savigny et que l’on sache où je vais, je refuse «Big Brothers». A Longjumeau, il y a 25 caméras déjà, mais il y en aura combien demain ?

Je conclurai en disant que vos orientations sont toujours les mêmes, par conséquent, mes interventions le sont aussi, mais que voulez-vous, comme disait Jean Marsaudon «Monsieur Estivill, vous êtes têtu».

Madame le maire a proposé un vœu contre le vote des immigrés aux élections locales.

Je m’étonne que le premier propos (intervention de madame la Maire ajointe concernant l’épicerie sociale, introduisant le vœu de Madame le maire) ait dévié de cette façon… Je comprends que la période électorale actuelle, incite à ce type d’initiative. On a vu à l’assemblée Monsieur Fillon, sorte de Danton qui protégeait la République en danger, il avait des accents de défense nationale alors que c’est une question très simple. Cela fait des années qu’elle fait consensus à tel point d’ailleurs que Monsieur Sarkozy était pour, ainsi que Monsieur Borloo à une certaine époque.

Même consensus à gauche. Dans le programme du «Front de Gauche : l’Humain d’abord» (que vous pouvez vous procurer pour 2 euros), on n’a même pas abordé ce problème tellement cela va de soi. Les étrangers font partie d’associations de locataires, d’associations sportives, de parents d’élèves, de syndicats de copropriétaires, brefs, de milliers, de toutes sortes. Que demande-t-on ? Au plan local on veut plus de pouvoir et de maîtrise des choses communales, pas pour devenir Maire, ni diriger une municipalité. Monsieur Guéant, qui a dû avoir un mauvais professeur d’instruction civique, a cru qu’il pouvait en être ainsi (il s’agit des ressortissants de l’Union européenne qui ont ce droit de vote mais ne peuvent diriger une municipalité) c’est sans doute dû à sa précipitation et parce qu’il est dans une instrumentalisation du problème, la même que lorsque Monsieur Wauquiez s’en prend aux pauvres ou lorsqu’on déclare que si la Sécurité Sociale est en déficit, c’est encore à cause des pauvres alors que l’on sait très bien que 80% du déficit de la Sécurité Sociale est dû au non-versement de grandes entreprises des cotisations patronales et aux exonérations dont certaines bénéficient et de façon dérisoire à des abus de ceux qui touchent le RSA.

Nous sommes dans la même situation que lorsque Monsieur Guéant prétend mettre hors des frontières 25.000 étrangers par an.

Vous avez réfléchi à cela ? Admettons qu’il y en ait 250.000 en France, et il y a ceux qui arrivent chaque année, on ne va pas mettre des miradors ou construire autour de la France le mur de Berlin ou celui de Palestine.

Ce n’est pas demain qu’on pourra y mettre fin. A raison de 25.000 expulsés par an, cela demanderait 10 ans. Et comment ? Dans des charters ou des wagons plombés de triste mémoire ?

Tout ça c’est de la poudre aux yeux cruelle, il s’agit de trouver des boucs émissaires pour nous dévier du vrai problème qui se pose avec la présidence actuelle, à savoir : quels sont les moyens qu’on se donne pour mettre fin à cette crise ? On instrumentalise là aussi ce problème qui ne devrait pas en être un. Bien entendu je suis favorable à cette possibilité de vote.

Tous les ressortissants de l’UE, d’ailleurs, ont le droit de vote, les avez-vous vus se précipiter pour mettre en danger l’identité française ? En 2001, je ne sais pas s’il y en a eu beaucoup sur nos listes ? Je ne le crois pas, peut-être un ou deux, à Savigny.

Je ne vois pas pourquoi un retraité hollandais qui va dans le Lubéron pourrait participer à ces élections, et devenir conseiller municipal alors qu’un maghrébin qui est là depuis 40 ans qui a élevé ses enfants et qui a travaillé toute sa vie chez Renault ne pourrait pas voter aux élections municipales?

Il ne s’agit pas de demander la nationalité française, c’est une autre démarche J’ai été naturalisé moi-même, enfant, et on a enquêté sur mes parents, naturellement.

Nous sommes en plein électoralisme, on en reparlera après les élections… Je suis persuadé que finalement le consensus sera trouvé pour que les gens quelle que soit leur nationalité qui participent à toutes sortes d’associations, à l’activité quotidienne dans nos communes, votent aux élections municipales (comme les ressortissants de l’UE) sans être Maire comme le craignait Monsieur Guéant, dans sa précipitation électoraliste ou son ignorance…

Jean Estivill
Président du groupe du Parti de Gauche
Gauche Républicaine - Savigny Égalitél

 


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Voir la vidéo AFP
(Déclaration de Jean Estivill)


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